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S’équiper en seconde main : un levier phare pour votre stratégie RSE

Publié le 8 juin 2026

Face aux enjeux environnementaux et à la loi AGEC, le réemploi n’est plus une option : c’est un impératif réglementaire, économique et social pour tout acteur public ou privé responsable. Pour la déployer efficacement, les politiques d’achat, qu’elles soient publiques ou privées, constituent un levier d’action prioritaire. 

L’économie circulaire, une réponse concrète aux enjeux RSE d’aujourd’hui

L’économie circulaire représente une réponse locale, concrète et durable aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques. Elle vise à produire des biens et services de façon durable, en limitant le gaspillage grâce à l’écoconception, la lutte contre l’obsolescence, et bien sûr au réemploi, à la réutilisation et au recyclage.
Les politiques d’achat — qu’elles soient publiques ou privées — constituent l’un des leviers d’action les plus puissants pour la mettre en œuvre à grande échelle. Pour l’illustrer, rappelons que la commande publique représente à elle seule 10 % du PIB français : autant dire que les choix d’approvisionnement des collectivités ont à elles seules un impact massif sur notre tissu économique et notre empreinte environnementale.

Pourquoi intégrer la seconde main dans ses achats ?

Que vous soyez une collectivité territoriale, un établissement public ou une entreprise privée,les bénéfices du réemploi sont multiples et immédiatement mesurables, que ce soit d’un point de vue :

-🌿 Écologique : le réemploi permet de réduire jusqu’à 80 % les émissions de CO2 liées à l’achat de mobilier neuf, en évitant les phases d’extraction, de production et de transport.
– 💶 Économique : les économies réalisées sont significatives : entre 30 et 50 % sur le mobilier par rapport au neuf, ce qui libère des marges de manœuvre budgétaires considérables.
-🤝 Social : la majorité des opérateurs du réemploi sont des structures d’insertion professionnelle. Intégrer leurs offres dans vos marchés, c’est soutenir des emplois non délocalisables sur votre territoire.
-📍Local : en valorisant les ressources présentes localement, vous contribuez à la résilience économique de votre territoire et réduisez les dépendances aux chaînes d’approvisionnement mondiales.

Un cadre réglementaire qui s’impose aux acteurs publics

Pour les acheteurs publics, le réemploi n’est plus seulement vertueux, il est obligatoire.

⚖️ Le cadre légal

La loi AGEC (2020) impose aux acteurs publics d’intégrer des produits issus du réemploi, de la réutilisation ou contenant des matières recyclées dans leurs achats.Le décret n°2024-134 du 21 février 2024 étend cette obligation aux marchés de travaux et de services incluant des fournitures, avec des objectifs progressifs jusqu’en 2030.L’arrêté du 29 février 2024 précise les catégories concernées et fixe les taux minimaux à respecter par échéance.

 

Les taux minimaux de réemploi à respecter

L’arrêté définit deux grandes catégories de mobilier, avec des objectifs progressifs :

Catégorie de produits En 2024 En 2027 En 2030
Mobilier d’intérieur 20 % 20 % 25 %
Mobilier urbain 5 % 5 % 5 %

Ces obligations doivent être intégrées a minima dans les clauses de contrat fixant les exigences, et idéalement également dans les critères d’attribution.

 

Quels produits sont concernés ?

L’arrêté du 29 février 2024 établit une liste précise des produits entrant dans le champ de l’obligation :

Mobilier d’intérieur

Tables (dont tables de cantine)
Bureaux et chaises
Armoires, commodes, caissons
Bibliothèques et casiers
Coffres-forts
Lampes et lampadaires
Moquettes d’aménagement
Rideaux et éléments de décoration temporaire
Vitrines et matériel d’exposition

Mobilier urbain

Abribus
Bancs publics
Jardinières
Aires de jeux
Abris à vélos
Tables de pique-nique
Signalisation routière (hors signalisations lumineuses)
Infrastructures de recharge pour véhicules électriques

 

Les bonnes pratiques pour passer à l’action

Intégrer le réemploi dans ses achats ne s’improvise pas, mais des méthodes éprouvées existent. Pour les acteurs publics, voici les étapes clés recommandées par Nouvelle Fabrique :

  1. Définir une stratégie d’achats claire : appuyez-vous sur le SPASER (Schéma de Promotion des Achats Publics Éco-responsables) pour structurer votre démarche et vous fixer des objectifs mesurables.
  2. Identifier les bons fournisseurs : sourcez via le Marché de l’inclusion pour les acteurs inclusifs, ou sur des annuaires ESS comme Carteco pour les réseaux d’économie sociale et solidaire.
  3. Intégrer les exigences dans les spécifications techniques : exigez un taux minimum de matière recyclée ou réemployée dès la rédaction du cahier des charges, et pas seulement en critère d’attribution.
  4. Favoriser l’économie sociale et solidaire (ESS) : réservez des parts de marché aux structures ESUS et d’insertion en recourant aux marchés réservés prévus par la réglementation.
  5. Allotir le marché : fractionnez en lots pour faciliter l’accès aux TPE, PME et opérateurs de réemploi, qui ne pourraient pas répondre à un marché global trop important.
  6. Autoriser les variantes : laissez de la place aux solutions alternatives et innovantes en autorisant les variantes dans votre consultation. Cela ouvre la porte à des propositions créatives et adaptées.

Prêt.es à franchir le pas ?

Nouvelle Fabrique vous accompagne dans l’intégration du réemploi à vos politiques d’achat : renseignez-vous auprès de nos structures !